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chronique-sportives

Esprit critique et liberté d'expression sont de mise.

Un Tour de France bien décevant

Publié le 18 Juillet 2016 par Etienne Goursaud in Cyclisme

Quintana reste résolument vissé dans la roue de Froome         Source : Le Parisien

Quintana reste résolument vissé dans la roue de Froome Source : Le Parisien

Il ne reste plus que cinq étapes, dont la dernière anecdotique, avant la fin de ce Tour de France 2016. Une édition sans grande saveur pour le moment tant les challengers de Froome ne semblent pas être armés pour contrarier le Britannique.

Non pas qu'ils soient moins armés que le coureur Sky, il semblerait plutôt qu'il y ait dans le peloton un certain manque de courage. Il n'est pas normal que le seul spectacle que l'on ait eu, eût été la descente du Peyresourde de Froome et l'attaque sur le plat de Sagan, suivi par ce même Froome (pas bien compris). Eh oui, Froome n'est pas le coureur le plus apprécié dans le peloton, du fait qu'il anesthésie bien souvent la concurrence dès le début. Mais il faut reconnaître que c'est le seul leader à avoir tenté quelque chose, qui plus est, là où personne ne l’attendait. Le caméléon Britannique sait s'adapter à tout ce qu'il lui est proposé. Il fallait être en forme en première semaine l'an dernier ? Froome y était au top. Cette année il faut descendre ? Aucun souci.

C'est le comportement de ses adversaires qui est un peu gênant. En premier lieu celui de Naïro Quintana, le coureur de la Movistar. Présenté comme le principal rival de Froome cette année, il déçoit. A son actif deux toutes petites attaques dans le Ventoux, le Colombien est resté vissé dans la roue du Britannique. Si dans la première semaine, on pouvait invoquer une forme pas encore optimale, son attitude dimanche dans la difficile étape menant à Culoz est celle d'un coureur déjà battu dans sa tête. L'an dernier il avait repris du temps sur les deux dernières étapes de montagne, mais c'était déjà bien trop tard. 2016 ressemble déjà à 2015

À ceci près que le Colombien n'est même pas sur le podium. Car cette année un contre la montre lui a fait du mal. Bauke Mollema et Adam Yates sont devant lui. Deux coureurs capables de faire trembler Froome? Rien de moins sûr ! Le Hollandais a certes progressé cette année, mais il doit être content d'être à cette place. De surcroît en 2013, il était à cette même place avant la dernière semaine... avant de rétrograder et finir 6e. Pour le jeune Britannique, maillot blanc actuel, c'est la première fois de sa carrière qu'il se bagarre pour le général sur une course de 3 semaines. Il peut donc être la grande révélation 2016. Mais il peut exploser totalement.

Mais, l'organisation n’y serait-elle pas pour quelque chose ?

 

Vers un retour plus large des bonifications ?

 

Sur son compte Facebook, l'ancien coureur professionnel Nicolas Fritsch, émet cette hypothèse. Les bonifications sont revenues lors du Tour 2015, après une disparition pendant près de 10 ans. Mais le poids reste faible, 10 secondes pour le vainqueur, 6 et 4 pour le 2e et le 3e. L'ancien coureur de la FDJ, entres autres, propose un renforcement : "Ce que je propose. Deux sprints intermédiaires par étapes avec 10"/6"/4" et 20"/12"/8" à l'arrivée. Et des bonifications en haut des cols. Hors Catégorie 20"/12"/8", 1ère catégorie 12"/8" et 2ème catégorie 8". Il est impératif de moderniser le cyclisme en en gardant les bases historiques". Une idée intéressante, car elle permettrait une course de mouvement. Cela permettrait à des coureurs de se replacer au général.

Prenons l'hypothèse d'un tel scénario lors de l'étape menant à Culoz. Six montées, dont une Hors Catégorie, deux de première catégorie et une de deuxième catégorie, plus le traditionnel sprint intermédiaire. Selon le barème proposé par Nicolas Fritsch, si un coureur remporte tous les "catchs bonifications" (terme utilisé dans les 70's). Il glane 1'02 à cela s'ajoute 20 secondes s'il gagne. On parle donc d'1'22. Admettons que Romain Bardet arrive à telle entreprise. Il reviendrait automatiquement à la troisième place, et ce, même s'il gagne avec 10cm d'avance sur le peloton. Imaginons le Français échappé avec Valverde, Aru et d'autres coureurs intéressés par l'étape. Cela pourrait devenir rapidement intéressant. Bien entendu, cela serait vu d'un mauvais œil derrière, il est donc possible de voir des coéquipiers (et pas des peintres) venir dans l'échappée pour contrarier les plans du coureur échappé. Des équipiers en moins pour travailler à l'arrière, ce qui peut alors favoriser une attaque d'un des coureurs restés à l'arrière. Devant on prend les bonifs et derrière on esseule le leader.

 

Ne désespérons pas

 

Le tour n'est pas fini, on ne désespère pas d'avoir des grandes manœuvres dans les Alpes. Beaucoup peuvent prétendre au podium et auront intérêt à lancer les hostilités. Parfois de loin. Ce qui peut tout changer encore. Du moins on l'espère

 

 

 

 

Etienne Goursaud

 

Remerciements à Nicolas Fritsch, 3e du Tour de Suisse 2002, pour sa participation à l'article

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