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chronique-sportives

Esprit critique et liberté d'expression sont de mise.

HANDISPORT : LE COMBAT DE LA RECONNAISSANCE

Publié le 8 Février 2013 par Etienne Goursaud in Athlétisme, handisport

Marie-Amélie Le Fur : Une consécration à impact limité.

Marie-Amélie Le Fur : Une consécration à impact limité.

Les Jeux olympiques, évènement planétaire qui a lieu tous les 4 ans, se sont clos au mois d’Aout dans une effervescence générale avec plus d’un milliard de téléspectateurs qui l’ont suivi.

Ce fut la confirmation pour certains athlètes (Bolt, Estanguet, Les Experts) qui ont accru leur notoriété.

D’autres se sont révélés au grand public pour acquérir une notoriété nouvelle tel que Renaud Lavillenie ou bien Jessica Ennis.

Dans la foulée des J.O., se sont tenu les Jeux Paralympiques avec un record d’affluence dans les stades, en effet ceux-ci ont été continuellement pleins pour saluer les différents exploits des athlètes. Dans le sillage d’Oscar Pistorius, grande star connue pour s’être qualifié aux JO et championnats de monde avec les valides, il y a eu des performances exceptionnelles qui ont été réalisés avec bon nombre de médailles françaises.

Les premiers Jeux Paralympiques  se sont déroulés en 1988, à la marge des jeux de Séoul. Cela a donné un coup d’envoi à une certaine mise en lumière de ces athlètes qui ont su surmonté leur handicap pour devenir eux-mêmes de vrais champions.

Cependant, l’impact médiatique du seul évènement ou l’on est amené à parler de ces personnes, reste limité. En effet, en France, il n’y a pas eu de retransmission télé en direct. De plus, ceux-ci ont été, malgré bon nombre de pressions faites pour rendre accessible l’évènement, trop court et retransmis à des horaires bien trop tardifs (aux alentours de minuit). La médiatisation reste donc très limitée, on en parle une fois tous les 4ans, avec aucun autre réel évènement présent (malgré la tenue d’un meeting paralympique cet année à Paris). Des efforts commencent à être faits, mais il a fallu attendre l’avènement au grand jour d’Oscar Pistorius, qui réussit l’exploit de participer aux plus grandes compétitions internationales… chez les valides.

 

Un problème est souvent évoqué, celui de la visibilité et de la certaine complexité pour comprendre comment se déroule les compétitions.

Il est utile de rappeler les trois grandes formes de handicap retenues pour effectuer les catégories :

-Les déficients visuels et auditifs

-Les déficients mentaux

-Les déficients physiques

Mais parmi ces trois catégories, on distingue multitude de sous-catégories. Ainsi, par exemple, pour le handicap physique, on peut retrouver des personnes en fauteuils roulants ou des amputés d’un membre. Chacun aura sa course affilié à son type de handicap, ce qui multiplie les courses (plusieurs courses de 100m par exemple). Ce qui rend la visibilité très difficile avec une complexité pour comprendre à quoi correspond les différentes catégories.

 

Il n’y a pas encore de réelle prise de conscience du quotidien de ces athlètes qui peuvent s’entrainer autant qu’un athlète de haut niveau « valide ». Sacrifices, entrainements sont de mise.

En plus d’une sous médiatisation de ces athlètes par rapport au gotha valide, notons aussi la difficulté pour eux d’aller, tout simplement, à des grandes réunions mondiales. En effet le cout de déplacement est très cher, il faut louer un hôtel, les moyens de transport, cela coute cher. Cela entraine donc une certaine inégalité entre les athlètes. Certains, peut-être meilleurs que d’autres, ne peuvent montrer leur niveau dans une dimension internationale, faute de pouvoir se déplacer. Il est utile de rappeler qu’une très large majorité d’entre eux n’ont pas de sponsor pour les financer, sponsor qui rapportent en général à l’athlète une somme d’argent assez conséquente. Sponsors très présent dans le milieu sportif et pas uniquement professionnel. On touche ici du doigt un autre problème, celui de la rémunération de ces personnes. En effet à taux de performance égale, prenons l’exemple de deux médaillés en or, l’un olympique, l’autre paralympique. On peut estimer qu’Usain Bolt a un revenu qui se chiffre en millions d’euros alors que Marie Amélie le Fur touche 50 000 euros de prime officielle accordée par le Ministère des Sports. Et encore en France on peut se targuer d’avoir une égalité pour les primes ce qui n’est pas forcément le cas dans tous les pays. Cependant l’inégalité de médiatisation entraine l’inégalité dans les revenus entre les différents sports (ce constat est observable aussi entre différents sports chez les valides).

L’argent pose un autre problème en amont, plus insidieux, celui du coup du matériel. En effet, les « lames », qui servent aux amputés des membres inférieurs, à pouvoir courir, coutent très cher (presque 10000€), le prix des fauteuils roulants adaptés pour sportifs coutent aussi très cher ce qui peut dissuader une personne désireuse de vouloir commencer un sport. Rappelons que le sport, notamment l’athlétisme ou le football, sont en général pratiqués par une classe sociale assez modeste, pour qui, envisager de payer un tel prix, représente un obstacle souvent insurmontable. C’est aussi pourquoi on trouve encore que très peu de handisport parmi les sportifs.

 

Un autre problème peut se poser, quand à l’accessibilité (et on exclut ici les frais de transport) des compétitions pour les handisports, chez les valides. En effet prenons l’exemple de l’athlétisme car c’est un sport à barèmes fixes.

Un handisport de niveau national voire international, ne pourra pas toujours compter sur ce niveau pour prétendre à une haute place dans un bon club français.

En effet, si on prend les interclubs en athlétisme, le classement du club en question se fait en additionnant les points fait en fonction des performances des athlètes (cf : article sur l’athlétisme présent sur ce blog). Un athlète handisport se verra affilié du même barème que pour les valides, ce qui pose donc le problème d’accessibilité. En effet, certaines perf internationales chez les handisports n’ont même pas une dimension interrégionale chez les valides. On peut donc dire que certains de ces athlètes ont actuellement (sauf pour les tout meilleur d’entre eux) pas le niveau pour accéder à l’Equipe fanion de leur club. Cela renvoie naturellement au problème de reconnaissance, mais aussi d’accessibilité, pour ces athlètes qui se voient privés, à cause de ce barème fixe, de certaines compétitions, s’il n’y a pas d’équipe « réserve ». Il faudrait sans doute revoir le barème, adapté en fonction du handicap (rappelons la multitude des handicaps, et donc des catégories associées à cela) et l’intégrer aux barèmes valides, pour les interclubs pour valoriser à la juste hauteur la performance de ces athlètes.

Il faut espèrer à l'avenir une meilleure reconnaissance pour ces athlètes et leurs exploits. Cela doit passer par une meilleure couverture médiatique (télé, journal) de tous les evènements affiliés.

 

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