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chronique-sportives

Esprit critique et liberté d'expression sont de mise.

Creation de structures féminines chez les clubs pro : chance ou danger?

Publié le 30 Juillet 2015 par Etienne Goursaud in Football, Féminin

Le LOSC suit le mouvement en créant sa structure féminine.

Le LOSC suit le mouvement en créant sa structure féminine.

Le club du LOSC a créé cet été une section féminine. Elle évoluera en seconde division. Cela confirme la tendance à la féminisation de grandes structures du football français. Ce mouvement a été initiée par le succès à partir de la fin des années 2000 de l'Olympique Lyonnais version féminine, nonuples championnes de France en titre et vainqueur à deux reprises de la Ligue des Champions. Encouragée par le président Jean-Michel Aulas, qui s'est personnellement investi dans le projet, l'équipe à pu atteindre les sommets, après le rattachement de la structure dans l'OL groupe en 2004. L'OM féminine accèd. e cette année à la première division. Malgré ce succès, la question du bienfait de l'arrivée de ses structures se pose encore. Les clubs historiques (Juvisy, Soyaux) risquent d'en patir. Il y a donc des avantages et des inconvénients. Présentation d'une opposition de style.

 

Professionalisation, médiatisation et engouement populaire

 

Bien entendu, l'arrivée de clubs comme l'Olympique Lyonnais ont ammené une professionalisation des filles dont le football est devenu leur unique source de revenus. Cela leur permet de s'entraîner tous les jours et de se consacrer uniquement à cela. A titre de comparaison,  les joueuses de l'ASJ Soyaux, qui évoluent également en D1, s'entaînent quatre fois par semaine "seulement" car elles sont amateur. Cet entrainement plus poussée implique à terme un niveau de jeu et d'intensité plus élevé. Ce qui fait la différence dans les matchs face aux autres. Ce qui a également fait venir la France au sommet de la hierarchie mondiale, avec le PSG qui a atteint la finale de la Ligue des champions. Au delà de l'aspect des salaires, ces clubs bénéficient d'infrastructures sans égal, installées initialement pour les garçons. Des terrains d'entrainement, en passant par un staff médical, elles ont tout pour évoluer dans des conditions idéales. En économie on parle d'externalités positives. Ici on parlera plutot d'avantage concurrentiel. Cette professionalisation a également été bénéfique à la sélection nationale, puisqu'elles sont passées du statut d'équipe anonyme à celui de place forte du football mondial. Il manque juste un titre pour concrétiser les progrès. 

En conséquence de cette amélioration des résultats, la venue des médias, journaux et surtout télés. Les matchs ont commencé à être diffusés à l'instar du parcours des bleues lors du mondial 2011, ou elles se sont hissée en demie-finale. Des matchs de première division et de coupe de France sont aussi retransmis. Une hausse de visibilité dont souffrait cruellement le football féminin, qui s'est pourtant développé dès la fin du 19e siècle. Un gouffre de retard qui est comblé petit à petit. Des affiches comme OL-PSG présentent désormais un intérêt presque digne de leurs homologues masculins. Les sponsors ne se sont pas trompés en franchissant la barrière. Cela entraine des nouvelles sources de revenus, indispensables pour le developpement.

Cette médiatisation a inévitablement attiré le public. Médiatisation rime avec engouement. Oublié l'anonymat des matchs, jusqu'au début des années 2000. Ils ont été près de 14000 dans les tribunes, lors des matchs de préparation des bleues, au Mondial 2015. Beaucoup de retombées positives tant à la qualité du jeu proposé et l'investissement mis par les filles lors des matchs. Une ferveur qui constraste avec le désamour (légèrement désamorcée depuis 2014) envers les hommes. Au dela des trubunes, c'est devant le petit écran que le succès se note. Près de trois millions de telespectateurs ont regardé France-Allemagne en quart de finale de la coupe du monde 2015 et ce, malgré un horraire tardif (22h).

 

Championnat à deux vitesses et mise en danger de clubs historiques qui ne peuvent pas suivre

Le premier effet pervers constaté de cette évolution, c'est dans le championnat en lui même qu'il se trouve. 

 

Cela a créé un gouffre entre les équipes de haut de tableau et le reste. Il y a plus d'écart entre le premier et le troisième par rapport à l'avant dernier et le sixième. Lyon a été sacré pour la neuvième fois d'affilée championne de France, malgré la concurrence de Paris, l'intêret demeure relativement faible. Cela peut dissuader un potentiel public, qui peut se montrer rapidement lassé par une telle domination. Cela peut être un danger pour la compétitivité à haut niveau des clubs. L'Olympique Lyonnais, après avoir fait quatre finales de Ligue des Champions consécutives, dont deux victoires, ne parvient plus depuis deux ans à passer le cap des demie-finales. Un problème que l'on peut retrouver en équipe de France, ou se mèlent encore amateurs et professionnelles. Difficile de s'adapter entre deux philosophies différentes.

La question de la place des clubs historiques, comme l'ASJ Soyaux ou encore Juvisy se pose également. Deux clubs qui ont dominé le football féminin français, qui se sont battus pour la médiatisation, sans succès pour, au final, se faire voler la vedette par des clubs qui débarquent et montent de toutes pièces (ou associe) des équipes dans leur structure. Cela peut entrainer un certain sentiment d'injustice. De plus, ce sont souvent des viviers de joueuses, si ces clubs sont en difficultés, cela peut aussi poser problème, à terme, au plus grandes structures. 

 

Pour aller plus loin

http://www.la-croix.com/Actualite/Sport/L-avenir-du-football-feminin-passe-par-les-clubs-masculins-2013-05-23-963627

http://www.lemonde.fr/sport/article/2012/06/01/le-grand-ecart-du-foot-feminin_1711131_3242.html

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