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chronique-sportives

Esprit critique et liberté d'expression sont de mise.

Athlétisme : un sport mal reconnu

Publié le 5 Novembre 2012 par Etienne G in Athlétisme

Double champion d'Europe, médaillé d'argent mondial pour le premier et multiple championne olympique sur 5000 et 10000 pour la seconde. Mais au fait... Savez vous de qui il s'agit?Double champion d'Europe, médaillé d'argent mondial pour le premier et multiple championne olympique sur 5000 et 10000 pour la seconde. Mais au fait... Savez vous de qui il s'agit?

Double champion d'Europe, médaillé d'argent mondial pour le premier et multiple championne olympique sur 5000 et 10000 pour la seconde. Mais au fait... Savez vous de qui il s'agit?

Pendant que le Paris SG finissait second du championnat de France lors de la saison 2011-2012 dans un engouement médiatique incroyable suite à l’arrivée des richissimes investisseurs qataris à l’été 2011, des grandes performances ont été réalisées par les athlètes des différents pays sans que ceux-ci acquièrent une reconnaissance similaire à leurs homologues footballeurs ou rugbymens.

En France, les médias, notamment ceux spécialisés dans le sport, ont passé plus de temps à débattre de l’échec de la France à l’Euro ou à l'éventuelle imcompétence de Marc Lievremont, au moment de la coupe du monde de Rugby en 2011, qu’à parler du titre de champion olympique à la perche, obtenu par Renaud Lavillenie ou encore à la deuxième place de Mahiédine Mekhissi Benabbad au 3000 steeple .

Cet article a donc pour but, de faire comprendre à la personne « lambda » ce qu’est vraiment l’athlétisme, comment se déroule les entrainements, comment sont classées les performances et à quoi elles peuvent correspondre par rapport à un autre sport. Attention ceci n'est pas un article destiné à stigmatiser d'autres sports plus exposés médiatiquement

 

Voici les barêmes hommes et femmes (source FFA)

Voici les barêmes hommes et femmes (source FFA)

Les chronos et autres performances peuvent être compliqués à décrypter et à classer selon leur importance et leur valeur.

On a souvent en référence les records du monde sur chaque distance, et des écarts entre un chrono N4 (qualificatif pour championnat de France « 2ème catégorie ») et un record du monde peuvent apparaitre considérable. Et pourtant un chrono N4 correspondrai à jouer en national voire en Ligue 2 au football et donc, de pouvoir prétendre gagner sa vie en pratiquant son sport.

Et pourtant, peu d’athlètes en France réussissent à vivre de leur sport, en effet, Yoann Diniz (cf : 1ère photo),  le double champion d’Europe, et médaillé d’argent mondial, en marche athlétique, exerce un métier de facteur dans la vie « civile » et on se rappelle de la campagne de promotion de Romain Mesnil, le perchiste double médaillé d’argent mondial, courant nu dans la rue avec sa perche pour essayer d’attirer les sponsors. Seuls Renaud Lavillenie et Christophe Lemaitre (et peut-être Jimmy Vicaut desormais) gagnent, actuellement, bien leur vie, mais c’est surtout grâce aux contrats publicitaires. Et encore, une personne comme Lemaitre à obtenu sa médiatisation du fait qu'il fut le premier "blanc" à casser la barrière des 10s sur 100m. En Jamaïque ils sont 8 en 2012, à être descendus sous cette marque. Les « anonymes » pourtant habitués aux finales des Frances Elites, pourraient, dans bon nombre de sports collectifs, prétendre à des rémunérations plus que convenables et les tout meilleurs pourraient aspirer à être millionnaires. Aujourd'hui seul Usain Bolt entre dans les classements des sportifs les mieux payés. Après est-ce souhaitable de rémunérer à flot ces athlètes comme on peut le voir dans le Basket... Ceci est encore un autre débat...

Connaissez-vous le second des championnats de France sur 200m ?

Connaissez-vous la gagnante du concours du lancer de poids féminin lors des JO?

Le fait est, que l’athlétisme couvre beaucoup de disciplines différentes et que certaines souffrent cruellement d’un manque de couverture médiatique. Venez dans les stades et vous verrez que de plus en plus que des disciplines comme le lancer de marteau, se font dans des terrains « annexes » pour des raisons de sécurité. De plus, les concours ont souvent lieu en même temps que les courses rendant très difficile, pour le spectateur, de pouvoir suivre dans des conditions correctes, ces concours, car la télévision ne peut pas retransmettre 30 images différentes en même temps. Tout le monde connait Usain Bolt mais personne ne connait Robert Harting qui est pourtant, au lancer de disque, invaincu depuis 33 concours.

L'athlétisme souffre d'un manque de couverture télévisuelle. La où il est possible de voir des match de Pro D2 en rugby, en bonne qualité de retransmission, il est très difficile de voir des compétions, en dehors des grands championnats, en athlétisme. C'est encore plus flagrant pour ce qui est des compétitions hivernales (car beaucoup de personnes l'ignorent, mais il existe une saison hivernale en athlétisme et Renaud Lavilennie est actuellement champion du monde et d'Europe en titre, en salle. Ces compétitions sont encore plus mal couvertes que les compétitions estivales, par exemple les derniers championnats du monde étaient retransmis "seulement" par France O et les meeting étaient inaccéssibles à tout télespectateurs qui n'avaient pas Eurosport. D'ailleurs, exepté Lavilennie, qui se souvient des autres médailles françaises obtenues lors de cet évènement?)

On a aussi du mal à se représenter la valeur de certains des records réalisés.

Sachez que le record du monde de la longueur (de 8m95) correspond à la longueur d’un bus et que le record de la perche (6m14) correspond à sauter l’équivalent d’une maison de deux étages. Cela parait impressionnant et pourtant c’est bel et bien les performances qui ont été réalisés.

 

Devenir les rois du monde ne s'improvise pas. Dans chaque discipline, souffrance et rigueur sont de mise pour espérer atteindre les sommetsDevenir les rois du monde ne s'improvise pas. Dans chaque discipline, souffrance et rigueur sont de mise pour espérer atteindre les sommets

Devenir les rois du monde ne s'improvise pas. Dans chaque discipline, souffrance et rigueur sont de mise pour espérer atteindre les sommets

Courir un 100m peut paraitre facile et accessible à tous au premier abord, cependant cela requiert une technique et une préparation bien spécifique et une technique de course qui frise la perfection. C’est un travail sur le long terme pour être au top de sa forme le jour J.

Pour un sprinteur, travail technique (exercices sur la foulée, départs dans des starting blocks, travailler la qualité de pied pour bien réagir sur la piste, une des grandes qualités de Christophe Lemaitre), mais aussi de résistance (avec des exercices spécifique de « caisse » avec des répétitions de distances telles que 150m avec peu de récupérations entre chaque)

Pour les novices qui ne connaissent pas trop l’athlétisme, voici une séance dite difficile qu’un athlète pourrait faire pour préparer les premières compétitions, qu’elles soient hivernales ou estivales :

2 séries de 5 fois 150m (dans des chronos adéquats selon le niveau de l’athlète) avec 3 à 4 minutes entre chaque répétitions et 8minutes entre les deux séries.

L’athlète devra composer avec des séances qui peuvent apparaitre comme étant loin de l’athlétisme, musculation (sachez que les meilleurs sprinteurs ont un niveau en musculation comparable à un haltérophile correct), préparation physique générale (travail dans des escaliers, des répétitions de flexions dans l’herbe, des montées de genoux, des fentes), pour renforcer et développer le corps et le préparer à endiguer des séances toujours plus dures, c’est aussi une excellente prévention contre les blessures mais qui, dans un premier temps, peuvent apparaitre, pour celui qui ne connait pas l’athlétisme, comme très « étranger ».

C’est un sport qui sollicite mentalement. Il faut savoir (et aimer) repousser ses limites quitte à aller loin dans la souffrance. De grands athlètes tels que Bolt ou Marie-José Perec, confient avoir vomi plusieurs fois lors de leurs séances les plus dures. C’est aussi difficile mentalement, car il faut savoir accepter le fait de ne pas être en forme aux périodes dites creuses, sans compétitions, pour mieux préparer son pic de forme au bon moment.

Donc une bonne performance ne s’improvise pas du jour au lendemain. C’est le fruit d’une longue préparation, douloureuse.

 

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il n’y a pas de facteurs « génétiques » à la performance. Ce sont plus des facteurs sociodémographiques qui expliquent la géolocalisation des athlètes. Comme dans la plupart des sports, les « perles » nous proviennent de pays pauvres ou le sport est un moyen de se sortir de sa situation « précaire ». On peut affirmer que si on inversait la situation actuelle dans le monde avec une population blanche qui serait majoritairement dans la pauvreté, que ces derniers auraient des performances bien meilleures qu’actuellement. Dans le vélo, il y a une ultra majorité de blancs me direz-vous. C’est lié au fait que les vélos coutent très cher (pour un vélo de bonne qualité comptez 2000€ minimum) et ne sont pas accessibles à tout le monde. L’argument « racial » est donc une supercherie mise en avant par des personnes aux idées plus que douteuses. Christophe Lemaitre, ou avant lui Pietro Ménnea en sont les preuves.

Commenter cet article

Anonyme 05/11/2012 23:17

Article plutôt correct dans son ensemble.
Petite "correction" néanmoins. L'argument en fin d'article ou est cité Pietro Ménnea est peu recevable du fait qu'il a réalisé toutes ses meilleurs performances en altitude et à choisi un jour ou les conditions étaient parfaites pour pouvoir battre des records. Cela reste une performance hors du commun mais qui aurait put être réalisée par d'autres athlètes. Cet homme est donc une faible preuve comparé à Lemaitre dans cette histoire.

Etienne G 05/11/2012 23:52

Merci pour ton commentaire et merci pour ton éclairage j'avais oublié ce détail assez important quand même
On peut cependant dire que les pistes n’étaient peut-être pas d'aussi bonne qualité à l'époque