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chronique-sportives

Esprit critique et liberté d'expression sont de mise.

Une bagarre peu classique pour les autres maillots

Publié le 2 Juillet 2015 par Etienne Goursaud in Cyclisme

Nairo Quintana peut rêver de la quadruple couronne !

Nairo Quintana peut rêver de la quadruple couronne !

Si la bagarre pour le maillot sera incroyable pour le maillot jaune, ne pas parler des autres distinctions qu’offre le Tour de France serait une hérésie. La Grande Boucle a de charme qu’il existe une bagarre à tous les étages. Cependant, la hiérarchie observée les dernières années, risque bien d’être bouleversée sur cette édition. Le parcours exigent risque de chambouler les standards habituels.

 

Le maillot vert à un grimpeur ?

 

Traditionnellement la chasse gardée des sprinters, le maillot vert, récompense la régularité mesuré par un nombre de points obtenus à la fin de chaque étape. Ce chiffre varie en fonction du parcours. Ainsi une étape de plaine offre 50 points là ou une étape de montagne en offre « que » 25. Il est possible que le précieux sésame échappe aux hommes véloces du peloton, la faute, au parcours. Pas moins de 7 étapes de montagne et pas que ! Il est fort peu probable de voir un sprinter triompher à Huy ou à Mende. Au total c’est 6 étapes dîtes accidentées qui viennent se greffer, « rémunérées » de 35 points pour le vainqueur. Si on y ajoute les 2 chronos, cela fait 6 maigres étapes pour les sprinters, dont une de pavés. Certes les sprints intermédiaires peuvent venir changer la donne, mais ceux-ci auront bien des difficultés. Le seul qui peut s’en sortir est Peter Sagan. Le slovaque, triple tenant du titre, sait passer les bosses courtes et se comporte bien sur les pavés. Cependant sa relative faiblesse face aux sprinters « purs »n comme Cavendish ou Kristoff, peut le priver de points très précieux qui risque de lui manquer lors de la 3e semaine.

On risque donc d’assister à quelque chose d’inédit depuis 1995 et Laurent Jalabert, un top 10 du classement général qui se vêtit de vert. Mais qui alors ? Il faut quelqu’un de performant en montagne mais capable d’engranger les points sur terrain accidenté, moins difficile. A ce petit jeu la Alberto Contador est susceptible d’endosser le rôle inattendu de favori. Son tempérament offensif fait qu’il peut passer à l’attaque sur des terrains plus surprenants, en 2011 il avait fini 2e à Mur de Bretagne avant de finir devant les favoris à Gap. Deux étapes que l’on retrouve au programme cette année. A moins que Sagan refasse le coup de se glisser dans plusieurs échappées, mais il devra impérativement remporter des étapes cette année.

 

Le maillot à pois pour le vainqueur du tour ?

 

Les points sont doublés lors des arrivées au sommet, à partir d’un 2e catégorie. Cela nous fait donc 7 étapes concernées par ce cas-là. Logiquement, on devrait retrouver les favoris aux avants postes, pour engranger les points, et se disputer les victoires d’étapes. De plus la plupart des cols Hors Catégorie se trouve soit en milieu d’étape soit en fin, là où l’essorage traditionnel est déjà effectué. Le cas de figure des années 2000, qui voyaient des baroudeurs grimpeurs revêtir la tunique à pois rouges, semble désormais tout à fait exclu.

Le favori naturel de ce classement est quelqu’un qui l’a déjà gagné en 2013 : Nairo Quintana. Le colombien est capable de passer à l’offensive de plus loin, et n’hésites pas à attaquer. On devrait donc le retrouver aux avants postes dès que la route s’élève.

Pour ce qui est des baroudeurs, Pierre Rolland peut faire de ce classement un objectif, s’il est rapidement largué au classement général. Des surprises peuvent intervenir, des coureurs qui n’en avaient pas fait leur objectif initialement, comme Rafal Majka l’an dernier. Mais l’abondance de leader devrait limiter l’esprit offensif de certaines équipes, et pour le reste, il semble qu’elles n’aient pas de coureurs capables d’endosser ce rôle. Classement très indécis encore cette année. Cela fait depuis 1970[i], et Eddy Merckx, que l’on cherche un vainqueur du Tour de France gagnant la même année le grand prix de la montagne.

 

Le maillot blanc peut-il colorer son maillot ?

 

Ce maillot récompense le meilleur coureur né après le 1er janvier 1990. Thibaut Pinot en est le vainqueur sortant et peut prétendre à sa succession. Mais il est loin d’être le favori cette année. La faute au lauréat de 2013, ce diable de Nairo Quintana. Favori pour le classement général. Il a dominé le français lors de Tirreno-Adriatico, mais s’est fait battre en Romandie. Le franc-comtois demeure un adversaire coriace pour le Colombien. Mais ce dernier est un ton au-dessus, 2e du tour de France dès sa 1e participation, en étant sans doute le plus fort lors de la 3e semaine.

Les outsiders, en cas de défaillance des deux cadors sont nombreux, mais c’est encore un autre français qui tient la corde : Romain Bardet. L’Auvergnat, 2e de ce classement l’an dernier, semble avoir progressé, en atteste sa victoire à Pra-Loup, lors du Dauphiné libéré, en ayant attaqué les cadors. Les jumeaux, Adam et Simon Yates sont capables de dynamiter la course, gagner une étape, mais pour le maillot blanc, il faudra sans doute attendre 2016.

 

Au final il est possible pour un coureur de rafler jaune, vert, et pois (voire blanc pour Quintana) en même temps. Cet exploit a déjà été réalisé une fois par le grand Eddy Merckx, en 1969. C’était alors sa toute première victoire sur la grande boucle, pour sa première participation !

 

 

 


[i]   En 2008 Carlos Sastre a gagné le grand prix de la montagne, mais du fait du déclassement pour dopage de Bernard Kohl

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