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chronique-sportives

Esprit critique et liberté d'expression sont de mise.

Le maillot jaune : une denrée rare convoitée par une meute de fauves.

Publié le 1 Juillet 2015 par Etienne Goursaud in Cyclisme

L'Alpe d'huez sera le dernier juge de paix cette année

L'Alpe d'huez sera le dernier juge de paix cette année

Si vous ne savez pas quoi faire de votre mois de juillet, il y a une occupation toute trouvée avec le Tour de France, du 4 au 26. Le parcours, l’un des plus durs de l’histoire mêlée à la meute des prétendants, nombreux cette année, devrait offrir un spectacle exceptionnel. Il est donc temps, à trois jours du grand départ, d’apporter un peu de clarté, sur tous les fronts.  
 
Trois anciens vainqueurs du tour seront présents cette année, en la présence de Alberto Contador (2 007,2009), Christopher Froome (2013) et Vincenzo Nibali (2014). Auxquels s’ajoute Nairo Quintana, lauréat du Giro 2014. Ce sont les quatre grandissimes favoris cette année. Chacun arrive avec ses armes, mais aussi ses faiblesses. Décryptage  
 
Le parcours  
 
Un tout petit contre-la-montre individuel de 13 km, lors de la première étape, un par équipe lors de la 9e étape (vivement critiqué de par sa position tardive dans la course). Le Tour de France 2015 n’est pas taillé pour un rouleur grimpeur. Une première semaine piégeuse comme jamais, avec risque de bordures, pavés et deux arrivées en côte (Mur de Huy et Mûr-de-Bretagne). Certains favoris peuvent perdre très gros avant même d’aborder la montagne. On se souvient que Vincenzo Nibali avait creusé des écarts conséquents sur l’étape pavée, l’an dernier, cette même étape qui a vu le renoncement de Froome. Les leaders ne devront pas connaître de jours sans, être bien placé et avoir une équipe solide. Beaucoup d’énergie y sera donc dépensée pour ces formations. L’italien devra même à profit cela pour creuser des écarts.
La montagne est belle, elle sera surtout impitoyable pour les plus faibles. Trois arrivées au sommet dans les Pyrénées, trois dans les Alpes, donc l’Alpe d’Huez la veille de l’arrivée. Au total, c’est 7 étapes de montagne qui sont prévues, plus d’autres pièges comme l’étape qui arrive à Mende, avec la très difficile montée Laurent Jalabert, ou encore Gap, avec le Col de Manse, qui a vu Contador passer à l’offensive, en 2011 et en 2013. Les favoris trouveront donc un terrain à leur convenance, les plus purs grimpeurs pourront éventuellement tenter des offensives de loin, l’espagnol est capable de gagner un grand tour comme cela, il l’a déjà prouvé par le passé. Quintana sera très difficile à décrocher en 3e semaine et surtout, aucune équipe ne devra traverser de moment de faiblesse.  
 
L’équipe  
 
Christopher Froome dispose indéniablement de la meilleure équipe sur le papier, avec Léopold Konig, qui reste sur 3 top 10 sur les 3 derniers grands tours qu’il a disputé, Richie Porte qui, en forme, peut devenir presque aussi performant que son leader. Wouter Poels et Nicolas Roche devraient également être de précieux alliés en montagne. Enfin, un Gerraint Thomas est un excellent capitaine de route, sur les pavés, il a également progressé quand la route s’élève. C’est très impressionnant, mais une bonne équipe ne peut rien si un leader est défaillant.
Celle d’Alberto Contador demeure une énigme. Inexistante sur le Giro, malgré la présence de Kreuziger et Rogers, malgré le renfort de Kiserlowski, les doutes sont encore très forts autour du leader espagnol. Il faudra élever son niveau, car laisser Contador seul face aux autres sera rédhibitoire pour ce dernier.
Les Astana de Vincenzo Nibali ont impressionné sur le Giro, physiquement. Pour ce qui est de la tactique, on repassera. Incapables de désigner un leader fixe, alors que Mikel Landa semblait au-dessus de Fabio Aru, ils ont certainement perdu le Giro à cause de cela, et ce, malgré qu’ils aient régulièrement réussi à isoler Contador. De plus l’équipe alignée au Tour semble moins forte, avec seulement Kangert et Fulgsang en équipiers de luxe en montagne.
La Movistar de Quintana n’a pas la meilleure équipe sur le papier mais est relativement homogène avec la présence de rouleurs grimpeurs comme Izaguirre et Castroviejo. Elle possède surtout le capitaine de route par excellence avec Alejandro Valverde. L’espagnol, vainqueur de Liège Bastone-Liège cette année, jouera t’il sa carte personnelle ? Ou se sacrifiera-t-il pour le Colombien ? Cette inconnue peut être importante si ce dernier se retrouve piégé, lors d’une étape.  
 
Leur forme  
 
Froome a frappé du poing sur la table lors du Dauphiné Libéré, en remportant la course ainsi que deux étapes. Après un primptemps délicat, marqué par un tour de Catalogne décevant et un Tour de Romandie guère mieux, il a rappelé à la planète cyclisme qu’il fallait compter sur lui. C’est certainement lui qui affiche le plus de certitudes avant le grand départ. De plus la dernière (et seule) fois qu’il a gagné cette course, il a enchaîné victorieusement en juillet.
Alberto Contador a gagné le Giro, c’est un supplément de confiance légitime pour le Madrilène. Oui mais, lors de la toute dernière étape de montagne, à Sestriere, il a montré d’inquiétants signes de faiblesse, concédant ce jour-là, près de 3 minutes sur Fabio Aru. Pas de quoi remettre en cause sa victoire finale, mais suffisant pour s’interroger sur son niveau de fraîcheur. Depuis il a couru la route du Sud, qu’il a gagné, tout en se montrant incapable de lâcher un Nairo Quintana sur le retour et visiblement à l’aise dans la roue de Contador. Attention à la troisième semaine, dantesque, où il risque de payer ses efforts consentis au mois de Mai.
Vincenzo Nibali 2015 nous fait du Vincenzo Nibali 2014. Transparent de Janvier à début juin avec 2 tout petits top 10 (dont un sur le Dauphiné à l’issue d’une échappée), il revient en forme que maintenant pour gagner sur son championnat national. L’an dernier, cela avait payé sur le tour où il avait triomphé avec près de 7 minutes d’avance sur son dauphin. Cette année il sera plus attendu par les observateurs et ses adversaires et ne bénéficiera pas de l’effet de surprise.
Nairo Quintana, comme d’habitude, a passé un printemps studieux, avec beaucoup d’entraînements chez lui, en Colombie. Il a confirmé sa victoire sur le Giro, l’an dernier, avec une victoire probante sur Tirreno-Adriatico, devant tous les cadors, Froome excepté. De retour sur la Route du Sud, il a confirmé qu’il était déjà en forme, au même niveau qu’un Alberto Contador. Sa fraîcheur peut faire la différence lors de la 3e semaine, tout comme en 2013.  
 
Les outsiders  
 
Si les 4 cadors semblent au-dessus du lot, d’autres coureurs peuvent jouer les troubles fêtes.
Les deux plus en forme sont Tejay Van Garderen, 2e du Dauphiné Libéré. C’est celui qui a le mieux résisté à Fromme durant la semaine, même s’il a dû abandonner sa tunique jaune et bleu à l’issue de la dernière étape. Il dispose d’une équipe solide, mais son style défensif peut lui être fatal, en cas de grandes manœuvres. Ensuite vient Thibaut Pinot. Sans verser dans le chauvinisme absolu, le franc-comtois à fait preuve d’intelligence sur le tour de Suisse, en gagnant une étape de montagne. Il a triomphé devant tous les cadors au mois de mai en Romandie. C’est surtout un coureur qui n’a plus peur de prendre ses responsabilités. Il a beaucoup progressé en descente, et quand cela frotte. S’il y a bien un coureur qui peut bouleverser la hiérarchie établie, c’est bien lui.
Romain Bardet, malgré sa victoire d’étape à Pra-Loup, semble un ton en dessous, à la peine quand Froome a élevé le rythme. Valverde risque de devoir travailler pour Quintana et ne jouera pas sa carte personnelle.
Pour le top 10, des surprises et des révélations peuvent intervenir, Adam et Simon Yates chez Orica Greenedge progressent. Richie Porte, s’il n’a pas de jour sans, en emmenant Froome, peut aller chercher une belle place également.  
 
Alors qui se détache?  
 
 
S'il survit à la première semaine, Chris Froome sera le grandissime favori. Il a appris de son abandon l'an dernier et il sera plus vigilant sur les chutes. Il cherchera à écraser ses adversaires dès la première étape. Il semble être un poil au-dessus de ses adversaires.  
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