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chronique-sportives

Esprit critique et liberté d'expression sont de mise.

La génétique dans le sport : mythe ou réalité ?

Publié le 16 Novembre 2014 par Etienne Goursaud in Sport

Qui n’a jamais entendu le refrain « Il court vite parce que c’est un noir » ? La réflexion nous pousse cependant à aller plus loin que cette affirmation. En effet, si on retrouve une surreprésentation de certaines ethnies (au sens large du terme) dans certaines disciplines, la cause est sans doute toute autre que le simple facteur génétique. J’avais abordé le thème dans un article il y a deux ans, ici cela sera approfondi

 

La raison socio-économique : principale raison

Si on se réfère à l’athlétisme et plus particulièrement aux courses de fond « pures » on s’aperçoit, et ce constat est renforcé depuis 20ans, que la domination des nations africaines est quasi sans partage. Cela peut étonner. On évoque leur petit gabarit léger, parfaitement adaptés pour des efforts longs. Dans ces cas-là une question se pose : Pourquoi ne les voient-on pas sur un vélo. Ce sport, exigeant à peu près les mêmes qualités (un cycliste à même une meilleure Vo2 max). La raison autant économique que sociologique.

Un vélo coute cher, comptons au moins 3000 euros pour commencer à avoir du matériel de bonne qualité, cette somme représente environ 3 années de revenus en Ethiopie qui, de plus, est un pays ayant une des plus fortes inégalités au monde. Tout cela pour dire que la majorité de la population n’a pas les moyens d’acheter le vélo alors qu’une paire de chaussures va couter jusqu’à 300 fois moins cher.

Le facteur économique n’est pas le seul qui explique le constat. En effet, savez-vous que dans beaucoup de cas les écoles sont à plus de 15km du lieu de vie de l’enfant, les voitures ne sont pas démocratisées comme chez nous, il doit donc faire à pied le trajet qui le sépare de l’école, le plus souvent en courant. Imaginez-vous faire 20 à 30km par jour en courant. Une aberration chez nous, mais un entrainement « naturel » pour eux.

Pour étendre le constat, si on regarde le football, on s’aperçoit que la majorité des joueurs professionnels, que ce soit en France, au Brésil ou ailleurs, sont issus d’un milieu pauvre (pauvreté relative selon les pays, nous ne pouvons comparer les conditions de vie en HLM français à celle des favelas au Brésil). La volonté de « se sortir » de ce contexte initial défavorable, peut inciter de jeunes sportifs à plus se dépasser que d’autres vivant dans des conditions plus aisées.

 

On peut voir également la réussite sportive à travers le phénomène de reproduction sociale. On entend souvent : « Son père est un ancien lanceur c’est dans ses gènes c’est donc pour cela que lui-même est un bon sportif ». Mais, s’il est performant, c’est qu’il a baigné dans l’univers du sport depuis le plus jeune âge, de par les performances d’un de ses parents ou, ces derniers qui auront plus grande facilité à amener leur enfant dans un stade. Ainsi l’enfant aura plus tendance à reproduire le même schéma, à l’image d’un fils ou fille d’agriculteur qui aura tendance à reprendre le métier parental.

 

Des sports privilégiés dans chaque pays

Chaque pays possède un ou plusieurs sports qui font office de référence. Ainsi la France est un pays très attiré par le football, c’est le sport le plus pratiqué et ce malgré la déroute de la Coupe du monde 2010. Les Etats-Unis sont très tournés vers le basket, base-ball ou le foot US.

Ainsi, selon le lieu de naissance, une personne aura tendance plus naturellement à se tourner vers des sports populaires dans son pays, à travers les images qu’il peut voir, cela l’influencera inévitablement.

La tendance à la reproduction de « ce que fait l’idole » pousse une personne à vouloir faire le même sport. D'ou le fait que la préférance de pays pour certaines disciplines continue à perdurer encore aujourd'hui. Un enfant né en France ne sera pas poussé vers les mêmes sports que s'il né aux USA.

Certaines disciplines peuvent être vues comme des institutions dans des pays. Si on regarde la Jamaïque, l’athlétisme est obligatoire dans les écoles. A partir de cela, il est plus facile de détecter des futurs grands talents, d’où la réussite jamaïcaine en athlétisme, plus particulièrement dans le sprint. On retrouve une similitude avec l’Afrique de l’est, quand on évoquait les enfants qui allaient en classe en courant.

 

Parler de génétique dans le sport est donc fortement réductrice, quand on sait que la part de reproduction sociale, que ce soit dans le sport ou ailleurs, est primordiale.

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