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chronique-sportives

Esprit critique et liberté d'expression sont de mise.

Le travail est-il un frein à la pratique du sport ?

Publié le 16 Octobre 2014 par Etienne Goursaud in sport, Société

Beaucoup de monde aime pratiquer le sport. Mais est-ce compatible avec le travail ?

Beaucoup de monde aime pratiquer le sport. Mais est-ce compatible avec le travail ?

Cet article est le fruit d’une étude (sur un échantillon certes non représentatif, mais qui permet d’avoir une base). Quand on parle de travail, il est évoqué travail scolaire comme travail "normal".

 

Dans la société, on accorde une place primordiale au travail. 70% des personnes interrogées accordent une place importante ou très importante au travail, et c’est vrai que l’on soit étudiant ou dans la vie active. Il est utile de se poser la question de la place du sport et si le travail a un impact sur la pratique de celui-ci.

En posant la question « Est-ce que le travail représente un frein dans votre pratique du sport », on constate qu’une large majorité y a répondu par la positive, y compris des personnes n’ayant pas une pratique dite intensive (au moins 3 fois par semaine). De plus, beaucoup de personnes aimeraient pouvoir pratiquer davantage.

Grâce à cette mini étude, nous allons voir les facteurs freins.

 

Le travail en lui-même n’est pas un frein au sport

Quand on compare la France aux USA, on constate que ces derniers travaillent plus que nous. Ce pays connait un certain paradoxe avec une « moitié » (on grossit le trait) en surpoids et une autre moitié à tendance très sportive. En Australie, d’après les dires du coach français Philippe Lucas, à 6h du matin, il y a beaucoup de monde sorti pour leur « jogging ». Pourtant, que ce soit aux « States » ou chez les Wallabies, le temps de travail moyen est plus important qu’en France.

Comment arrivent-ils à concilier les deux ? La réponse est à la fois organisationnelle mais aussi en termes de mentalité.

Pour ce dernier point, faire du sport  aux USA est beaucoup mieux vu qu’en France, où l’on aura tendance à placer le travail avant toute autre chose. Par ailleurs il est assez mal vu pour un jeune d’aller s’entrainer tous les jours, on considèrera qu’il ne prend pas assez ses études en considération. Aux Etats-Unis, un jeune souhaitant concilier sport de haut niveau et études le pourra grâce à des bourses d’étude importantes qui lui permettent de pouvoir s’épanouir dans tous les domaines. C’est ainsi qu’un athlète comme Michael Johnson (recordman du monde du 400m) a pu, obtenir l’équivalent de la licence en comptabilité. En France, les sportifs de haut niveau, dans les sports assez médiatisés, qui ont le niveau bac+3 sont assez rares car peu de « soutien » est mis en place autour de quelqu’un souhaitant concilier études et sport de haut niveau (les dispositifs « athlète de haut niveau » sont assez durs à obtenir et restent assez faibles dans l’accompagnement de la personne). Dans le football, cela commence à se mettre en place comme il a été dit mais cela reste à un niveau (bien) inférieur, à ce qui se pratique aux Etats-Unis. En France, il n’y a pas la mentalité « sport-université » que l’on peut retrouver outre-Atlantique.

 

Des choses à changer : toute une vision à revoir

Si on reprend l’étude menée, on constate une réponse qui revient fortement : «J’aimerais pratiquer plus de sport, mais pour cela il faudrait que je travaille moins ». Pourtant dans l’esprit des gens, pour la très grande majorité, le sport, mais aussi les sportifs de haut niveau, véhiculent une image positive. On lit des « moyens de se libérer de la journée » ou encore « un défouloir ». Quant à l’image du sportif de haut niveau la notion de « sacrifice » est souvent employée. Le sacrifice se fait souvent sur le travail/études.

Ce sont presque plus les personnes pratiquant peu de sport qui aimeraient en faire plus, alors qu’on penserait plutôt que ce serait le mordu de sport qui tendrait vers le « toujours plus ».

 

Au final, ce n’est pas vraiment un problème de volume de travail, car ceux qui se lancent dans l’aventure « haut niveau » actuellement sont obligés de concilier un minimum de travail/études. On impose aux footballeurs le niveau bac à la sortie du centre de formation. La plupart des jeunes athlètes, même de haut niveau, ont un projet de travail qui est extérieur au sport (l’athlétisme n’étant toujours pas un gage de « richesse » massive). En organisant bien sa journée, il est largement possible, sans pratiquer le haut niveau, d’aller « se défouler » trois ou quatre fois par semaine. C’est même parfois plus efficace pour réaliser des progrès, qu’une personne qui ne travaillerait pas et qui irait s’entrainer tous les jours. Le travail permet une certaine activité, qui stimule le corps et permet d’arriver dans une démarche positive avant d’aller s’entrainer.

Relation inverse, une personne pratiquant le sport avec son travail aura tendance à être plus épanouie, ce qui peut être un facteur de meilleur productivité, donc tout bénéfice, pour l’entreprise mais aussi pour la personne. Sans compter qu’un sportif est généralement en meilleure santé qu’un non sportif, cet apport est non négligeable.

Les solutions n'émergeront pas d’un claquement de doigts, mais il est clair qu’une optimisation, dans ce domaine, est possible. On doit pouvoir accorder une part plus importante au sport, que ce soit dans la pratique mais aussi dans le regard qu’en ont les gens. Le tout sans que le part du travail en soit touché. Nous avons conscience que le travail est indispensable dans l’équilibre d’une société mais, pouvoir se libérer à travers une activité l’est aussi, sans aucun doute.

 

Pour résumer, le travail peut apparaitre comme une barrière au sport, mais dans les faits, c'est plus une question d'organisation des personnes, que ce soit emploi du temps, mais aussi volonté d'aller pratiquer malgré la journée qui s'est déroulée. Il est vrai que certaines personnes, de part la spécificité de leur travail, ne peuvent régulierement pratiquer un sport.

 

 

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