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chronique-sportives

Esprit critique et liberté d'expression sont de mise.

Un athlétisme français rayonnant

Publié le 20 Août 2016 par Etienne Goursaud dans Athlétisme

Kévin Mayer : L'argent doré

Kévin Mayer : L'argent doré

Fin d'une olympiade ou la délégation Française bat son record historique de médailles, avec XX breloques récoltées. Parmi les disciplines porteuses il y a l'athlétisme qui rapporte 6 médailles. En nombre, seul la boxe fait mieux, même si le bilan de l'équitation mérite d'être souligné avec deux médailles d'or.

Renaud Lavillenie (perche), Kevin Mayer (Decathlon) et Mélina Robert-Michon (Disque) sont vices-champions olympiques tandis que Mahiedine Mekhissi (3000 steeple), Dimitri Bascou (110m haies) et Christophe Lemaitre (200m) se parent de bronze. L'athlétisme français se distingue enfin au niveau mondial, après les 2 médailles obtenues aux JO 2012. C'est bien mieux que les 2 médailles de bronze décrochées l'an dernier aux mondiaux de Pékin. On avait l'habitude de briller aux Europe (cf 2010 et 2014) sans réussir totalement à concrétiser sur le plus haut plan.

Retour sur une performance inédite depuis les JO de Londres en 1948. N'en déplaisent à certaines personnes promptes à critiquer, à l'image d'un auditeur sur une radio.

 

L'homme : Mahiedine Mekhissi

 

Grâce à sa 3e place, ll devient le premier athlète français à glaner une médaille sur trois olympiades différentes, après l'argent en 2008 et 2012. C'est également inédit dans sa discipline du 3000m steeple. Dans les faits ce n'est pas la médaille qu'il a obtenue avec le plus de gloire. En effet il se classe 4e dans sa course. Mais il porte réclamation sur Kemboï, le double champion olympique kényan à mordu et est disqualifié ! Mais MMB revient de très loin, lui qui ne pouvait pas courir il y a encore sept mois à cause de sa grave blessure, une rupture du tendon d'Achille. Arrivé à Rio avec un meilleur chrono 2016 en 8'20''09, loin de son record d'Europe en 8'00''09. Il a eu le mérite d'améliorer son "SB" lors des jeux, en réalisant 8'11''52. Il entre dans le panthéon de l'athlétisme Français, dans une discipline ou le Kenya établi une hégémonie (quasi) sans partage. Puis il a bénéficié d'un point de règlement valable. On rappelle qu'en 2014 il se fait disqualifier pour avoir enlevé son maillot, alors qu'il avait course gagnée.

 

L'exploit : Kevin Mayer

 

On parlait dans un précédent article (ICI) Kevin Mayer avait de belles chances de médailles et de battre le record de France du décathlon, détenu jusque-là par Christian Plaziat (8574 points). Mais ce qu'il a fait et encore plus fort. Il a atomisé la marque vielle de 26 ans en réalisant 8834 points. Il améliore 4 de ses records personnels (100m, poids, 400m et perche). Il devient le 6e performeur de tous les temps. En temps normal quiconque aurait gagné... Oui mais voilà devant lui il y avait un demi-dieu en la personne du recordman du monde américain Ashton Eaton, qui établit un nouveau record olympique avec 8893 points. Avoir à ce point fait trembler le maître vaut quasiment l'or. A seulement 24 ans l'horizon semble dégagé pour le Français, qui dispose encore d'une certaine marge de progression. Peut-il devenir le 3e athlète à casser la barrière mythique des 9000 points ? Et titiller le record du monde. Le duel Mayer-Eaton pourrait être l'un des points forts des années à venir. Et pousser la discipline vers des sommets. Mayer est le premier médaillé olympique français en décathlon depuis 1948 et Ignace Heinrich.

 

La femme (la sauveuse) : Mélina Robert-Michon

 

Ça y est Mélina Robert-Michon est médaillée européenne, mondiale et olympique (toutes en argent) et ce c'est que justice tant elle est régulière en grand championnat. A 37 ans et malgré une grossesse, elle n'a pas perdu l'envie de s’entraîner. Mieux elle ne cesse de battre ses records. Avec un jet à 66,73m elle a battu son propre record de France. Vu la forme affichée récemment ce n'est pas une surprise. Elle commença merveilleusement bien son concours, avec trois jets à plus de 65m. Puis vint le pic avec ce fameux lancer. Devant elle Sandra Perkovic, l'intouchable Croate l'emporte, comme en 2013 aux mondiaux, comme en 2014 aux Europe. Mélina Robert-Michon apporte une bouffée d'air à l'athlétisme féminin qui, il faut bien le dire a été assez décevant à l'image de Rénelle Lamote qui venait avec des grosses ambitions et qui s'est fait sortir dès les séries sur 800m. Mais pas de panique, des jeunes arrivent et ont brillé au niveau mondial en jeunes. Mélina Robert-Michon ne sera plus seule bien longtemps.

 

Les autres faits d'armes

 

Il y a la résurrection de Christophe Lemaitre, beaucoup critiqué ces dernières années et ici on faisait partie des gens très critiques tant à la tournure que prenait sa carrière entamée si brillamment. L'ancien médaillé de bronze mondial sur 200m en 2011 est revenu à son meilleur niveau au meilleur moment pour se parer du même métal dans le demi-tour de piste, chrono anecdotique dans une finale que Bolt ne remporte "qu'en" 19.78. Il semble enfin de retour sur les bons rails. On peut espérer des gros chronos désormais.

Le concours Renaud Lavillenie aura fait couler beaucoup d'encre, surtout après la fin. Le Français venait défendre son titre à la perche. Il semblait merveilleusement bien parti franchissant toutes ses barres au premier essai jusqu'à 5,98m inclus. Mais voilà en face Thiago Braz réalise le concours de sa vie et passe 6,03m record personnel et Olympique. Vient le fait du concours. A sa tentative à 6,08m, Renaud Lavillenie se fait conspuer par le public brésilien. Le Français perd et réagit vivement à ses sifflets en ayant des mots malheureux lors de son interview. Ce qui lui vaut d'autres sifflets au moment de la remise des médailles le lendemain. C'en est trop il craque au moment des hymnes. Une médaille au gout amer pour Lavillenie, qui était grandissime favori à sa succession.

Dimitri Bascou peut être fier de sa médaille de bronze obtenue au 110m haies. L'élève de Giscard Samba a maîtrisé les éléments pour s'inviter sur le podium dominé par Mc Leod le Jamaïcain. Une juste récompense pour celui qui ne cesse de progresser d'année en année. C'est également sa première distinction internationale en plein air, lui qui avait été disqualifié à Zurich.

D'autres non médaillés se sont distingués, en premier lieu le marcheur Yohann Diniz. Il venait avec des ambitions légitimes d'or lui le recordman du monde. Oui mais voilà le 50km marche offre ses aléas. Il a commencé à souffrir de problèmes gastriques et à saigner dès le 10e kilomètre. Il creuse pourtant l'écart jusqu'à compter 2' à mi-course. Mais il s'arrête une première fois, une seconde fois, fait un semi-malaise. Il finit héroïquement à la 7e place, à 6' du vainqueur. Au bout de lui-même. Ce sera l'image fort de ces JO coté athlétisme.

Lui aura enfin montré qu'il savait bien courir en grand championnat ! Pierre-Ambroise Bosse a osé défier la légende David Rudisha au 800m, pas de médaille avec une 4e place. On y a cru jusqu'à 10 mètres de l'arrivée. Mais il réalise 1'43"41 son meilleur chrono de la saison. Il n'a rien à regretter. Au contraire de Jimmy Vicaut sur 100m. Il a frisé la correctionnelle dès les séries en ne se qualifiant qu'au temps (10''19). Il rassure en demi (9'"95) avant de s'écrouler en finale (10''04). Dommage car le podium était largement accessible s'il avait couru au niveau de son record. Jimmy Vicaut doit encore progresser dans sa gestion des grands championnats. 

Bien sur il nous manque une médaille d'or, ce qui fait qu'on est que 20e au bilan des nations en athlétisme. Mais, entre nous 6 médailles ca fait plus joli qu'une seule en or...

Petit bémol de ces JO, il y a eu peu de finalistes, mais dans la mesure ou ceux-ci sont performant, on ne peut pas se plaindre

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Le match piège pour les Experts

Publié le 16 Août 2016 par Etienne Goursaud dans Handball

Il ne faudra pas jouer ce quart petit bras !

Il ne faudra pas jouer ce quart petit bras !

L'Equipe de France de Handball s'est qualifiée assez aisément pour les quarts de finale du tournoi olympique, en ne concédant qu'une seule défaite face aux Croates. Pourtant, l'adversaire qui s'érige en face des Experts doit être craint. Car le Brésil va évoluer devant son public. Et possède actuellement un ascendant psychologique sur les différents athlètes français, à l'image du volley, de la perche ou encore la natation. Ils ont battu le récent champion d'Europe allemand dans leur poule, et se sont extirpés de leur poule. Mais s’il faut se méfier des Brésiliens, les français ont les armes pour s'en sortir.

 

L'expérience de ce type de rendez-vous "à l'extérieur"

 

Mondial 2009 : après un parcours parfait, la France retrouve la Croatie chez elle pour la finale que tout le monde avait rêvé à l'époque. Le duel Balic-Karabatic et une ambiance surchauffée (déjà !). Après 40 minutes très serrées ou les Croates ont souvent mené d'un but, les Experts passent l'accélérateur et s'impose 24-19, grâce à une défense de fer, les Croates n'ont marqué qu'un but lors des 18 dernières minutes !!!. Un an après leur premier sacre olympique, ils confirment avec ce qui est leur 3e titre de champion du monde à l'époque.

 

Mondial 2011 : Les Français possèdent désormais la triple couronne (Champion d'Europe, du monde et Olympique) et sont l'équipe à battre en Suède, conquérant ils connaissent une alerte contre l'Espagne en poule ou ils font match nul après avoir mené de 8 buts. Le pays hôte se dresse en demi-finale, confiant dans leurs espoirs de faire tomber les Experts. Un joueur suédois se permet même d'insulter Omeyer par voie de presse, grave erreur. Car le portier français est surmotivé à souhait et va réaliser un gros match. Les Français se qualifieront pour la finale et remporteront leur 4e étoile au prix d'une finale d'anthologie face aux Danois... légendaire.

 

Euro 2014 : Les Français abordent la compétition comme un simple outsider après leur échec en quart des mondiaux. Ils ont perdu leur maître en défense Didier Dinart parti à la retraite. Mais les français réussissent leur tournoi et après avoir éliminé l'Espagne en demi-finale retrouvent les hôtes danois en finale. Ces derniers sont en quête de rachat après avoir subi un énorme revers en finale des mondiaux 2013 face aux Espagnols. Mais les Français réalisent une entame parfaite et mène de 10 buts au bout de 15 minutes de jeu. Le public Danois et éteint et son équipe ne s'en relève pas et s'inclinent 41-32.

 

Mondial 2015 : Le Qatar accueille pour la première fois le mondial. Pour l'occasion et par le jeu des naturalisations, ils se sont dotés d'une équipe compétitive. C'est ainsi qu'ils retrouvent nos Experts en finale. Mais les Bleus, pourtant guère brillants ce jour-là, font preuve d'une grande maîtrise pour s'imposer 25-22. La défense a encore payé ce jour-là ! Thierry Omeyer entre dans la légende en devenant quadruple champion du monde.

 

L'échec cuisant : Allemagne-France 2007

 

Le souvenir le plus amer du handball français ! Mais ce qui a certainement fondé ce qui est devenu les Experts. Demi-finale des championnats du monde 2007, l'Allemagne, pays hôte reçoit une équipe de France pas encore totalement au sommet (bien que championne d'Europe 2006). Le match est étouffant, le public électrique... et les arbitres en dessous de tout. Le match monte en intensité. Match nul après le temps réglementaire, match nul après la fin de la première prolongation et voici qu'on est embarqué pour 10 minutes de jeu supplémentaire. Un match de 80 minutes totalement fou. Et viens le fait de match (du tournoi). Les Allemands mènent d'un but, on est à 20 secondes de la fin et ils ont la possession de la balle. Ils ont tout, pour aller en finale de leur mondial. Mais voilà Mickaël Guigou réussi un double exploit, il récupère la balle et marque quasiment du milieu de terrain. Egalisation !!! La France arrache les tirs aux buts !! Et bien non... les arbitres invalident le but... pour donner un coup franc à la France. C'est plié... les Français vivent cette décision comme une injustice et c'est légitime.

Ce souvenir doit impérativement rester dans l'esprit des bleus. Narcisse, Omeyer, Abalo, Guigou et Karabatic y étaient. Face aux Brésiliens il faudra se donner de l'air et rapidement, car les décisions arbitrales litigieuses ne seront pas en notre faveur et le match pourrait rapidement devenir plus compliqué que prévu ! Les Experts sont avertis ! Les Brésiliens aussi ! 

 

 

 

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Van Niekerk entre dans la légende

Publié le 15 Août 2016 par Etienne Goursaud dans Athlétisme

Wayde Van Niekerk record du monde !

Wayde Van Niekerk record du monde !

Quoi que fasse Usain Bolt, il ne sera pas le vrai héros de l'athlétisme lors de ces J.O. Si médiatiquement le jamaïcain reste au premier plan suite à son triplé sur 100m, sportivement il est occulté par un jeune Sud-Africain Wayde Van Niekerk. Il a éclaboussé de sa classe le tour de piste en réalisant deux exploits.

Le premier c'est d'être champion olympique au couloir 8, l'un des plus dur sur 400m, du fait qu'on court en aveugle mais aussi par le virage. Le second c'est d'avoir (a)battu l'un des records masculins les plus mythique en athlétisme : les 43.18 de Michael Johnson. Avec une nouvelle référence établie à 43.03, Wayde Van Niekerk est entré dans la légende. C'était déjà le premier coureur à avoir fait -10s au 100m, -20s au 200 et moins de 44s au 400, pour peu il cassait la barrière des 43s cette nuit, Contrairement à LaShawn Meritt 3e sur 400 cette nuit, il ne s'alignera pas sur 200m. Pourtant il aurait eu une carte à jouer.

 

Impact médiatique limité

 

Wayde Van Niekerk à eu le malheur de battre le record du monde le jour ou Bolt allait être sacré pour la troisième fois champion olympique du 100m. Il n'a donc pas eu le droit à la reconnaissance à laquelle il aurait dû prétendre. Mais il faut savoir que sa course correspond à 4x100m en 10.75 en moyenne. Le faire déjà sur un seul 100m relève d'un très bon niveau. Faire 21.5 vous garantit une place aux France Elite. Lui tient sa vitesse deux fois plus longtemps, malgré tous les aspects que connaissent les coureurs de 400m, cette montée de lactique qui rend les dernières foulées pénibles, ou il faut se battre pour perdre le moins de vitesse. A ce petit jeu le Sud-Africain a été incroyable en creusant les écarts. Dire qu'il est passé en 20.30 au 200... Chrono qui permet de se qualifier aux JO individuellement au 200 (idem pour un chrono en 10.15). Cette performance mériterait encore plus de reconnaissance !!! 

 

Les perspectives pour l’avenir ?

 

Le Sud-Africain semble avoir réalisé la course parfaite, mais il peut glaner d'autres choses. Notamment sur 200m ou il a un record à 19.94. Au vu de ses références sur 100m (9.98) et de sa capacité de résistance de coureur de 400, on peut raisonnablement penser qu'il vaut, dans un premier temps 19.70, voire moins. Usain Bolt n'est pas éternel, et ces J.O. peuvent être sa dernière compétition. La relève n'est pas incroyable, car ce sont deux trentenaires, Gatlin et Meritt qui semblent les deux adversaires les plus redoutables du Jamaïcain. Un terrain à creuser pour un éventuel doublé à Tokyo. Wayde Van Niekerk aura à ce moment-là 28 ans... L'âge de Michael Johnson lors de son doublé 200-400 à Atlanta. Il peut en profiter pour détruire cette fameuse barrière des 43s. Dans un couloir plus propice, il semble en avoirles armes, d'autant que Kirani James est jeune et peut faire office d'adversaire redoutable, celui dont on avait longtemps promis le record du monde. Peut-être les prémices d'un duel acharné dans les années à venir ! 

 

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[Dossier] Comment préparer au mieux un Tour de France?

Publié le 29 Juillet 2016 par Etienne Goursaud dans Cyclisme

Le tour de France est fini. Ce ne fut pas la Grande Boucle la plus passionnante de l'histoire mais ce n'est pas le sujet ici. On va s'intéresser à comment aborder la plus grande course cycliste au monde.

Tout part d'un constat. Actuellement au mois de juin, il existe deux grandes courses d'une semaine, le Critérium du Dauphiné Libéré, en France ainsi que le Tour de Suisse. Elles servent aux différents leaders (et équipiers) à s'étalonner et jauger de leur niveau de forme. Or, cette année, parmi le top 10 final du Tour de France, huit ont participé au Dauphiné. Seul les deux coureurs de la Movistar, Alejandro Valverde et Naïro Quintana ont choisi une préparation différente. Pour l'Espagnol, coupure totale après un Giro éprouvant achevé à la 3e place et pour le Colombien une reprise au Tour du Sud, en retour de Colombie, où il s’entraîne, après avoir coupé avec la compétition début mai, à la fin du Tour de Romandie. Si on regarde de plus près les huit coureurs ayant participé au Dauphiné, ils sont six à y avoir fait également un top 10. Le vieil adage qui dit que pour arriver en forme au Tour, il faut ne pas trop l'être en juin semble prendre du plomb dans l'aile. Encore plus saisissant, les deux premiers du Tour, Chris Froome et Romain Bardet ont également fini aux mêmes places sur le Dauphiné

L'année 2016 ne fait que confirmer une tendance déjà observée depuis quelques années. Sur les trois dernières éditions du Tour, le top 10 a toujours été dominé par des coureurs ayant choisi de participer au préalable au Dauphiné (7 en 2015 et 6 en 2014). Chez les Sky, on a l'habitude d'y gagner avant d'enchainer avec un triomphe sur la Grande Boucle (Wiggins en 2012, Froome en 2013, 2015 et 2016). A l'inverse les coureurs peu en vue sur le Dauphiné n'ont guère mieux brillé sur le Tour et on pense en premier lieu au Français Thibaut Pinot. Le sociétaire de la FDJ avait gagné son étape de montagne sur le Critérium, mais n'avais pas existé au général. Cela s'est retranscrit sur le Tour. Enfin le dernier vainqueur du Tour à ne pas avoir participé au Dauphiné au préalable est Andy Schleck en 2010... Sur déclassement de Contador qui lui y avait participé. 

Alors, est ce que le Dauphiné est LA course incontournable pour sa préparation ? 

 

Un passage obligé ? 

 

Naïro Quintana est toujours en quête d'un premier succès sur la Grande Boucle. Il a encore échoué en cette année 2016 ne finissant "que" troisième. C'est son programme de course d'avant Tour qui pose question. Après une première partie de saison riche ponctuée de victoires sur le Tour de Catalogne et le Tour de Romandie, il est retourné s'entrainer en Colombie durant tout le mois de Mai et le début du mois de Juin. Il est revenu à l'occasion de la Route du Sud, une course de quatre jour qu'il a remporté, donc ni participation au Dauphiné ni au Tour de Suisse. Ce n'est pas le manque d'adversité qui pose problème, c'est plutôt le peu de jour de course qui a interrogé bon nombre de spécialistes. "Je pense que Quintana ne court pas assez [...] Il est arrivé au Tour sans repères ni certitudes, si ce n'est celles de l'an passé" confie Nicolas Fritsch, tandis que Laurent Jalabert s’est interrogé plusieurs fois à l’antenne du manque de condition du Colombien. Déjà en 2015, il était passé par le même programme. S’il était très fort en troisième semaine, en début de Tour il a perdu du temps, que ce soit dans la bordure de la 2e étape ou encore dans la première arrivée au sommet à la Pierre Saint-Martin. A l'inverse de Christopher Froome qui était arrivé très fort pour creuser d'entrée l'écart, avant de marquer le pas en troisième semaine. Le dernier vainqueur d'un Tour de France à n'avoir ni participé au Dauphiné ni au Tour de Suisse est Marco Pantani en 1998. Mais ce dernier sortait d'un Giro victorieux.

 

Le Dauphiné à l'avantage d'être en France... et de se courir plus tôt

 

Trois jours de récupération, c'est beaucoup et peu à la fois. Mais, en commençant quatre jours plus tôt que le Tour de Suisse, le Dauphiné offre, une plage de récupération plus importante, pour une même durée d'effort d'une semaine. Or, viennent également se greffer les divers championnats nationaux, contre la montre et course en ligne, respectivement à 10 et 7 jours du départ du Tour. Pour celui qui a fait le Tour de Suisse, l'enchaînement avec ces deux épreuves peut rester dans les jambes.

Pour Nicolas Fritsch, ancien coureur de la FDJ et Saunier-Duval le choix est vite fait : "Je préconiserai de participer au Dauphiné, dont les caractéristiques se rapprochent du Tour". D'autant que Amaury Sport Organisation, qui organise le Tour de France et le Dauphiné l'a très bien compris : "le Dauphiné a bien compris tout l'intérêt qu'il y avait à proposer des étapes similaires à ce que le Tour propose, parfois en empruntant les mêmes routes" ajoute Nicolas Fritsch. Les faits lui donnent raison. En 2011, le contre la montre du Dauphiné était exactement le même que celui du Tour, qui allait sacrer Cadel Evans qui avait participé au Dauphiné, aux dépens d'Andy Schleck, qui sortait du Tour de Suisse. Une reconnaissance c'est bien, mais faire un chrono à fond en compétition ouvre plus de certitudes. On peut savoir où il faut temporiser et où il faut relancer. Bis répétita en 2015 avec une étape de montagne arrivant à Pra Loup.  "Le Dauphiné a bien intégré qu'il était avant tout une course de préparation et il fait donc tout pour l'être et ainsi attiré les protagonistes de la Grande Boucle" assure Nicolas Fritsch. Depuis qu'elle a été reprise par ASO en 2010, la course se confond de plus en plus avec sa grande soeur du Tour de France.

 

Le Tour de Suisse est une course indépendante

 

A part le Grand Prix de Plouay, toutes les épreuves françaises ayant la licence world tour, le plus haut échelon international, sont organisées par ASO. Mais il faut garder à l'esprit que toutes les courses n'appartiennent pas forcement a de grands groupes. Ainsi le Tour de Suisse est indépendant, il doit donc d'abord rester centré sur lui-même, pour Nicolas Fritsch : "Le Tour de Suisse est un Tour national et à ce titre il se suffit à lui-même, il n'a pas un intérêt particulier à s'adapter au Tour de France" analyse Nicolas Fritsch. D'autant que même si à l'image de cette année, la Grande Boucle fait parfois irruption en Suisse, elle n'a pas vocation à y retourner chaque année, cela reste "le tour de la France" comme aime si bien dire Thierry Adam, journaliste vedette à France 2. C'est une course qui peut se permettre de proposer des parcours un peu différents, pour des profils un peu autre que ceux qui vont briller sur le Tour. Attention il n'est pas pour autant boudé. La Sky y a envoyé Geraint Thomas, qui avait déclaré en début de saison viser le podium en Juillet. La BMC y a envoyé Tejay Van Garderen, supposé être co-leader avec Porte sur le Tour. L'année ou Thibaut Pinot fini sur le podium du tour, en 2014, il était passé par une préparation au Tour de Suisse. Il a failli remporter l'édition 2015. Il fut une époque où cette épreuve attirait plus de grands leaders. Jan Ullrich et Andy Schleck y avaient leurs habitudes. Lance Armstrong a même remporté la course en 2001... avant d'opter pour le Dauphiné ensuite. Le Dauphiné Libéré offre aussi son lot d'échecs pour celui qui le remporte. L'exemple le plus criant est celui de Christophe Moreau. Le Français, l'a gagné en 2001 et 2007, deux années marquées par deux déconfitures sur le Tour de France, abandon et 37e place. 

 

C'est une tendance nouvelle 

 

Si le Dauphiné est pourvoyeur de coureurs finissant dans le Top 10 du Tour cela a été moins le cas dans le passé. Si on prend l'année 2001, Armstrong, vainqueur déclassé avait gagné le Tour de Suisse et seuls deux coureurs du top 10 avaient participé au Dauphiné. Et encore il s'agit d'Andreï Kivilev et de François Simon, qui doivent leur classement aux 35 minutes prises au peloton dans cette fameuse et toujours célèbre échappée de Pontarlier. Donc pas de cadors attendus. Pourquoi? Tout simplement parce qu'à cette époque le Dauphiné et le Tour de Suisse devaient subir la concurrence d'une troisième épreuve d'une semaine : Le Tour de Catalogne (qui se court désormais la première semaine d'Avril). Ainsi ils sont cinq à y avoir participé à finir dans les 10 premiers du Tour, dont beaucoup d'hispaniques, très forts dans les années 2000. Plus globalement, dans le passé, ceux qui brillaient sur le Dauphiné étaient plus à la peine sur le Tour. Ils sont 10 avant 2012 a avoir gagné le Dauphiné et le Tour la même année (8 si on compte le déclassement de Armstrong) contre déjà 4 depuis ! Un revirement qui correspond à peu près à la reprise en main du Dauphiné par ASO.

 

D’autres objectifs ?

 

On raisonne ici comme si le Tour de France était l’unique objectif de la saison. Mais ce n’est pas le cas pour tous les coureurs, y compris les chasseurs au général. D’autres grandes courses peuvent attirer les grands noms. Ainsi Vincenzo Nibali a fait plusieurs fois impasse sur la Grande Boucle pour participer au Tour d’Italie et d’Espagne. Depuis 1998 et Marco Pantani, personne n’a réussi le doublé Giro-Tour. Et personne n’a réussi le doublé Tour-Vuelta depuis 1978 et Bernard Hinault, or à cette époque la Vuelta se courrait en Avril ! Depuis 1995 et son déplacement en fin aout-début septembre, personne n’a réussi à enchainer victorieusement, chose que devrait retenter Froome cette année. Que ce soit à la FDJ ou Saunier-Duval, Nicolas Fritsch a couru dans des équipes dont le Tour de France n’était pas forcement l’objectif principal : « A la FDJ je n'avais pas cette sensation que le Tour était la course la plus importante de l'année ». Il faut dire que l’ancien coureur français a vécu sous la domination de Lance Armstrong à une époque où les coureurs français d’équipes françaises ne jouaient pas les premiers rôles au classement général. C’est différent à la Saunier-Duval ancienne équipe espagnole a consonance italienne également : « Le Tour n'était pas non plus le but ultime de l'année ». Il concède par ailleurs qu’un doublé Giro-Tour va devenir de plus en plus compliqué dans un cycliste mondialisé et de plus en plus spécialisé : « Pour gagner le Tour, il faut que ce soit l’objectif ultime de la saison […] C'est ce qui explique qu'il apparait difficile de réaliser le doublé Giro-Tour. Pas forcément parce que le vainqueur du Giro ne peut pas être performant sur le Tour, mais plutôt parce que celui qui ne fait que le Tour y sera très performant ». Cela confirme le principe du cyclisme de plus en plus spécialisé. En 2016 il n'existe plus de coureurs capables de gagner Paris-Roubaix et le Tour de France comme l'ont fait Merckx, Hinault ou encore Coppi. Des coureurs qui pouvaient gagner sur tous les terrains. Désormais un sprinter peu espérer briller dans les flandriennes mais ne pourra pas briller dans les ardennaises. Un grimpeur peu espérer gagner Liège Bastogne-Liège ou le Tour de Lombardie, mais ne fera pas le poids sur Paris-Roubaix.

 

Etienne GOURSAUD

 

 

 

 

 

 

 

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L'équipe de France d'athlétisme ne voyage pas à vide

Publié le 26 Juillet 2016 par Etienne Goursaud dans Athlétisme

Renaud Lavillenie remet son titre en jeu                                            Source : L'Equipe

Renaud Lavillenie remet son titre en jeu Source : L'Equipe

Les Jeux Olympiques de Rio approchent à grands pas et la Fédération Française d'Athlétisme a livré il y a deux semaines sa liste des athlètes qualifiés. Dans le prolongement de la politique voulue par la FFA et le DTN Ghani Yalouz,le contingent français est resserré. Car nos minima sont plus élevés que les standards de l'International Association of Athletics Fédérations (IAAF). La volonté était qu'un athlète, pour décrocher son billet pour Rio, doit satisfaire à ses chronos valant une entrée en demi-finale voire en finale.

Au Total ce sont 34 athlètes qui iront aux Jeux en individuel, plus le collectif du 4x100 et 4x400 masculin. Parmi eux, certains peuvent nourrir des espoirs de podium, voire de médaille d'or. Analyse des profils qui pourraient porter l'athlétisme français en haut de l'affiche.

 

Ils ont de grandes chances de médailles

 

Renaud Lavillenie : Le perchiste est le champion olympique en titre. Il détient, avec 5,96m, la meilleure performance mondiale de l'année. Il a été sacré champion du monde en salle. Bref tout est au beau fixe. Oui mais la perche est l'une des disciplines les plus incertaines et le natif de Cognac a récemment connu une grosse déconvenue avec son zéro en finale des championnats d'Europe. Il est vrai, ce jour-là que les conditions étaient déplorables. Avec son gabarit fin, Lavillenie est l'un des perchistes les plus exposés en cas de vent, comme ce fut le cas à Amsterdam. Il n'empêche qu'il demeure LE favori incontesté à Rio. S'il gagne, il deviendra le 2e perchiste de l'histoire à conserver son titre, après l'américain Bob Richards (1952-1956). De quoi entrer encore plus dans l'histoire.

Meilleur saut de la saison : 5,96m

Record : 6,16m (Indoor)

Rang mondial 2016 : 1er

 

Ils vont se mêler à la bagarre

 

Mélina Robert-Michon : La lanceuse de disque fait partie du gratin mondial. Elle compte nombre de grandes finales à son actif mais fut pendant longtemps bredouille. Mais en 2013, en améliorant son record de France (66,28m), elle prend la 2e place des mondiaux de Moscou. Un nouveau statut confirmé aux Europe l'année qui suit, avec une nouvelle médaille d'argent, fait de la Bergalienne une candidate déclarée à la médaille. Elle a connu une déconvenue lors des deniers mondiaux, seulement 10e. De plus la concurrence s'est encore accrue. Elle est 10e aux bilans mondiaux actuellement. Il lui faudra certainement titiller son record de France pour espérer décrocher la seule médaille qui lui manque : celle des J.O.

Meilleur lancer de la saison : 64,96m

Record : 66,28m

Rang mondial 2016 : 10e

 

Yohann Diniz :

Paradoxe, Yohann Diniz est le recordman du monde du 50km marche, mais il ne figure pas parmi les favoris absolus. La faute à deux participations très moyennes en 2008 et 2012 (abandon et disqualification). Mais le marcheur est triple champion d'Europe en titre et semble s'être débarrassés de ses problèmes de pubalgie qui ont gâché son année 2015. Il a quand même connu une alerte aux France Elite sur 5000m marche avec un abandon, à cause de la chaleur. Mais s'il est au niveau de 2014, il sera intouchable. Il a d'ailleurs signé un probant 3h37 au mois de Mars, ce qui fait de lui le leader mondial en 2016. Il est grand temps que Yohann Diniz vienne réparer l'anomalie du zéro pointé aux J.O. Car il en a le potentiel.

Meilleur temps de la saison : 3h37'48

Record :3h32'33

Rang mondial 2016 : 1er

 

Dimitri Bascou : L'Hurdler ne cesse de progresser, en atteste son record de France du 60m en salle (7,41s) et son record personnel du 110m haies porté à 13,12s, il y a une semaine à Monaco. Il a même réalisé un 13,05s trop venté lors des championnats de France. Devenu le leader français dans LA discipline forte (avec la perche), Dimitri Bascou a montré cet hiver qu'il répondait présent lors des échéances internationales (2e des mondiaux en salle). Champion d'Europe en plein air cet année, il est attendu. Mais la concurrence est rude dans cette discipline qui est également soumise aux aléas de la faute. Mais il peut croire en ses chances

Meilleur temps de la saison : 13,12s

Record : 13,12s

Rang mondial 2016 : 6e

 

Kévin Mayer : Les pépins physiques semblent derrière lui, le décathlonien aura tout le loisir de déployer son potentiel à Rio. Et il est grand. Médaille de chocolat lors des mondiaux en 2013, il avait confirmé avec une brillante 2e place aux Europe l'année qui suit. Depuis trois ans on lui parle de record de France, toujours détenu par Christian Plaziat avec 8574 points. S'il est à son pic de forme, alors Mayer sera un candidat crédible au podium. Il sera certainement en retrait par rapport à l'intouchable recordman du monde Ashton Eaton. Mais il peut aller titiller des gros clients comme Warner.

Meilleur total de la saison : 8446 points

Record : 8521 points

Rang mondial 2016 : 4e (ex aequo avec Lindon Victor)

 

Renelle Lamote 

:

La spécialiste du 800 prend du galon chaque année. L'année 2015 fut celle de ses premiers chronos sous les 2 minutes et de première finale mondiale. 2016 est encore mieux, avec un record porté à 1'58''01 et ses premiers podiums en Diamond League, la référence. On est impatient de savoir comment elle va enchaîner les trois courses qui l'attendent au J.O. Si elle garde du jus pour la finale, il faudra compter sur elle. Une aubaine pour une discipline en mal de médailles.

Meilleur temps de la saison : 1"'58''01

Record : 1"58''01

Rang mondial 2016 : 8e

 

Kévin Ménaldo (Perche) : Le jeune perchiste a failli priver Renaud Lavillenie de la médaille de bronze en 2015, lors des mondiaux. Kévin Ménaldo possède un réel potentiel pour franchir des barres à 5,90 voire 5,95m. Un niveau qu'il faudra certainement atteindre pour espérer une médaille olympique. Il lui faudra régler ses problèmes de profondeur de saut. Après sa 5e place aux mondiaux, il peut franchir un cap cet été. Attention lui aussi a connu une alerte aux Europe, avec un zéro en finale.

Meilleur saut de la saison : 5,80m

Record : 5,81m

Rang mondial 2016 : 6e

 

 

Ils peuvent créer la surprise

 

Floria Gueï (400m) :

Meilleur temps de la saison : 50,84s

Record : 50,84s

Rang mondial 2016 : 15e

 

Pascal Martinot-Lagarde (110m haies)

Meilleur temps de la saison : 13,17s

Record : 12,95s

Rang mondial 2016 : 7e

 

Pierre-Ambroise Bosse (800m)

Meilleur temps de la saison : 1'43''88

Record : 1'42"53

Rang mondial 2016 : 6e

 

Mahiedine Mekhissi-Benabbad (3000 steeple)

Meilleur temps de la saison : 8'20"19

Record : 8'00''09

Rang mondial 2016 : 28e

 

Alexandra Tavernier (Marteau)

Meilleur lancer de la saison : 72,16m

Record : 74,39m

Rang mondial 2016 : 17e

 

Le relais 4x400 féminin

 

Jimmy Vicaut (100m)

Meilleur temps de la saison : 9,86s

Record : 9,86s

Rang mondial 2016 : 3e

 

Christelle Daunay (Marathon)

Record : 2h24'22

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